Quelques mots sur la rencontre aujourd’hui d’un homme, en début d’après-midi, qui attend son tour pour être pris en charge. Je me suis rendu à l’un des dispensaires du SPA de la rue, à Montréal.

Nous nous mettons tous les deux naturellement à parler et oublions d’échanger nos prénoms mais peu importe, l’essentiel, c’est la considération que nous nous portons. Cet homme a toute mon attention. Malgré sa souffrance apparente et exprimée, il ne se plaint pas. Il pourrait être mon père, pourtant la vie et le temps passé sur son visage me donne plutôt l’image d’un grand-père. Le respect que j’ai pour lui est d’autant plus fort. Il me dit être atteint d’une ALS (Amyotrophic lateral sclerosis) et me détaille ses diverses interventions chirurgicales. Avec le sourire, il me dit avoir très mal aux cervicales alors que je l’aide à s’installer sur une chaise. Vient le moment du soin qui, en peu de temps, se doit d’être profitable et bienfaisant.

Comme à mon habitude, la meilleur manière d’appréhender le soin et de le rendre efficace est d’être dans le non-vouloir et le non-penser. Je fais abstraction de ce qui existe pour ne faire qu’un avec cet homme. J’oublie mes propres souffrances et puise toute l’énergie possible dans le ciel et la terre. Il n’est plus question de thérapeute et de patient mais d’amour et d’unité pour offrir toutes les bienfaits du shinsoku shiatsu et du shintaïdo.

Faire abstraction de l’être matériel que je suis pour devenir, durant un cours moment, une source de bien-être et d’apaisement dans laquelle cet homme peut se régénérer à volonté. J’ai rencontré un homme aujourd’hui, un Maître, qui m’a enseigné la résilience. Merci à lui pour sa confiance et le temps qu’il m’a consacré.

 

Richard.